La Belgique pourrait-elle connaître une pénurie d’essence, comme en France?

Alors que le mouvement de grève des opérateurs de raffinerie a été reconduit en France, la pénurie d’essence qui en découle génère des scènes de chaos à travers le pays. Une telle situation est-elle possible chez nous?
0
91

L’heure n’est pas à l’inquiétude en Belgique, ni même dans les stations belges de TotalEnergies: “Nous ne sommes pas approvisionnés par les raffineries françaises”, explique à la DH Tom Claerbout, porte-parole de TotalEnergies Belgique. Il confie que la filiale envoie même “du carburant dans les pompes situées dans le nord de la France”.

Quant aux mouvements de grogne similaires organisés sur les sites TotalEnergies de Wandre et de Feluy le week-end dernier, ils avaient été anticipés: “Ces mouvements étaient prévus et nous avions anticipé nos livraisons”, poursuit-il. Aucune autre action n’est en outre prévue dans les prochains jours.

Grève au finish en France?

Pendant ce temps, la grève pour les salaires a été reconduite jeudi sur les deux raffineries françaises Esso-ExxonMobil, a annoncé un délégué syndical CGT à l’AFP. Au total, six des sept raffineries de France sont donc en grève ce jeudi: les quatre de TotalEnergies et les deux d’Esso-ExxonMobil. Seule celle de Lavéra (groupe Petroineos) n’est pas bloquée.

Réquisition de personnel

Des premières réquisitions de personnel ont eu lieu chez Exxon-Mobil, à Port-Jérôme, en Normandie, pour “permettre le fonctionnement du dépôt”. Les quelques grévistes indispensables au déblocage du carburant des cuves vont ainsi se voir contraints de venir travailler, sous peine de sanctions pénales.

30 % des stations bloquées

“30% des stations sont aujourd’hui bloquées au niveau national”, a indiqué ce jeudi sur RMC la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher. Elle a précisé que cette proportion montait à “plus de 40% dans les Hauts-de-France” (Nord).

Négociations difficiles

Chez Esso-ExxonMobil, un accord a été trouvé mardi avec deux syndicats majoritaires, dont la CFDT, mais pas avec la CGT. De son côté, TotalEnergies a proposé 6% d’augmentation en 2023 à ses salariés français. “En plus de la prime pour les salariés dans le monde (de 1 mois de salaire), TotalEnergies indique également avoir proposé (pour la France) une enveloppe d’augmentation salariale sur la base de l’inflation 2022, soit 6%”, a indiqué le groupe par voie de communiqué.

“On ne négocie pas dans les médias”

“On ne négocie pas dans les médias”, a commenté Eric Sellini, coordinateur CGT pour le groupe, à propos de la nouvelle proposition. “La direction continue de mépriser les organisations et les grévistes”, a-t-il ajouté auprès de l’AFP, affirmant que “ça ne va pas améliorer le climat ambiant”.

L’appel du gouvernement

Cette annonce intervient après que le gouvernement a mis jeudi matin la pression sur le groupe pétrolier pour augmenter les salaires, alors que 30% des stations-service françaises sont à sec, selon le ministère de la Transition énergétique. La CGT, qui a lancé le mouvement le 27 septembre, revendique 10% d’augmentation pour 2022, contre les 3,5% obtenus en début d’année, afin de compenser l’inflation et de profiter des bénéfices exceptionnels du groupe.

10,6 milliards de bénéfice

TotalEnergies “doit augmenter ses salaires” et la CGT doit “se saisir de la main qui a été tendue” pour négocier, a affirmé sur RTL le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, ajoutant que le groupe, qui a engrangé quelque 10,6 milliards de bénéfice au premier semestre 2022 notamment grâce à la hausse des prix de l’énergie, avait “la capacité” et “donc le devoir” de le faire.

Leave a reply