Les “cages en verre” du procès des attentats de Bruxelles font débat: “Elles sont stigmatisantes”

Les préparatifs du procès d’assises des attentats terroristes de Bruxelles et Zaventem du 22 mars 2016, qui débutera le 10 octobre, battent leur plein. L’ancien bâtiment de l’OTAN a déjà été entièrement transformé en cour d’assises, mais les box en verre dans lesquels doivent s’asseoir les accusés suscitent des dissensions. “Les ‘cages’ sont stigmatisantes et empêchent le contact avec les prévenus”, estiment les avocats.
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Les neuf accusés, dont le terroriste Salah Adbeslam, devront s’asseoir dans des box séparés pendant le procès. Ces boîtes, faites de verre hautement sécurisé, ont été installées à la demande de la police pour des “raisons de sécurité”. Elles n’ont que des trous d’aération et une fente. “Cela doit permettre de remettre des documents. Les conversations entre l’avocat et l’accusé doivent également se dérouler à travers cette fente, comme dans un confessionnal”, explique le magistrat de presse Luc Hennart.

Mais les avocats des accusés trouvent ces “cages en verre” inacceptables. Selon eux, la visibilité dans la cabine ne serait pas optimale en raison des reflets lumineux et les accusés ne pourraient pas entendre correctement ce qui se dit à leur procès.

“Le procès va durer neuf mois. Comme pour tout procès, nous devons être en mesure d’avoir des contacts avec nos clients. Ces boîtes en verre sont petites, individuelles et il n’y a qu’une petite fente par laquelle on peut parler”, a souligné l’avocat Jean-Christophe De Block sur VTM NEWS. Il craint que ces “cages” aient un impact sur la défense.

“Le jury a droit à une image neutre”
En outre, la défense estime qu’une boîte en verre stigmatise et ne donne pas au jury une image neutre. “Si l’on met des gens dans une telle situation, il faut imaginer ce que les jurés vont en penser”, a déclaré Luc Hennart à la VRT.

Le magistrat de presse est également convaincu que ces box ne répondent pas à certaines exigences, telles que “le contact entre l’avocat et l’accusé, l’implication de l’accusé dans son procès et la visibilité mutuelle”. “Les boîtes font des accusés des ‘outsiders de leur propre procès’, pour ainsi dire”, conclut-il.

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